Fontaine-lès-Dijon dans Le Bien public de 1966

Le retard pris dans les constructions scolaires en raison de l’ajournement d’année en année des autorisations administratives, place la municipalité dans une situation difficile pour assurer la scolarisation primaire. Cette année encore, aucune solution favorable n’est en vue malgré les terrains acquis et le désir de la municipalité d’aboutir. Les huit salles de l’école des Carrois sont occupées, de même que les huit de l’école des Saverney, or 50 élèves supplémentaires sont attendus à la prochaine rentrée. N’obtenant pas d’ouverture de crédit, car la priorité est donnée aux communes où de grands ensembles sont prévus comme Talant, Chenôve ou Marsannay, la municipalité demande la subvention pour la construction de deux classes provisoires aux Carrois. Toujours pour parer au plus pressé, la commune, qui présente un retard dans l’organisation de l’éducation dite maternelle, transforme les classes enfantines abritées dans les écoles primaires en classes maternelles, mais tant qu’elle ne disposera pas de nouveaux locaux, il n’est pas possible pour elle d’abaisser l’âge d’admission en dessous de 4 ans.

En avril, le boulevard des Allobroges après la mise en place de l’adduction d’eau et du collecteur d’assainissement.

Du projet à sa concrétisation, il faut du temps. C’est ainsi que cinq ans après la délibération initiale, le tronçon de 740 m, qui assure la jonction du boulevard des Allobroges à partir de l’ancien chemin des Roses (rue Octave Terrillon) pour aboutir au carrefour de la route d’Ahuy, avec la rue du Faubourg Saint-Martin et la rue Général Fauconnet, est mis en service en été. Cet aménagement, entièrement sur la commune de Fontaine, permet l’achèvement du contournement de Dijon par le nord, depuis le pont des Chartreux jusqu’à la place Roger Salengro, en reliant les routes nationales 5, 70, 71, qui traversent Dijon, détournant ainsi une partie du trafic lourd qui transitait par le centre de la ville.

Les procédures administratives et les difficultés pour obtenir les financements peuvent rétrospectivement avoir des effets bénéfiques. En effet, l’impossibilité à court terme d’installer les infrastructures nécessaires à l’assainissement et à l’approvisionnement en eau et en électricité a permis de conserver l’aspect naturel du sommet de la butte, car elle a empêché en grande partie l’aboutissement d’un projet de petit séminaire à cet emplacement, approuvé pourtant à l’unanimité par le conseil municipal.

L’entrée dans la modernité s’accompagne d’une remise en cause des valeurs traditionnelles. Véritable révolution pédagogique, la mixité scolaire commence à s’installer à Fontaine. C’est ainsi que la municipalité accepte la proposition de gémination, c’est-à-dire de mixité, par l’inspecteur primaire pour rééquilibrer les classes des Carrois et assurer une plus grande cohérence et un meilleur rendement que dans les classes à cours multiples existants. Cette gémination est timide : elle n’est pas demandée pour les grands garçons et les grandes filles, ni pour le groupe des Saverney. Ce choix est comme un ballon d’essai, qui répond davantage à des motivations économiques qu’idéologiques. Le changement social se manifeste aussi par la décision de ne plus amodier le droit de chasse, dont le profit était maigre pour la commune et de transformer le territoire en réserve de chasse. Par ailleurs, le cercle Saint-Bernard qui animait la culture à Fontaine en s’appuyant sur les potentialités locales n’a pas trouvé de relais et l’offre d’animation s’appauvrit, avec une seule séance de cinéma organisée par un éphémère club cinématographique et culturel Saint-Martin. La kermesse paroissiale et la fête de Saint Bernard se maintiennent. La ville reprend à son compte la tradition des colis de Noël. Les commémorations qu’elle organise rythment l’année sans grand relief et le bal des pompiers est annoncé très laconiquement. L’image prend de plus en plus de place : le journal met en valeur des cérémonies religieuses comme la confirmation ou la communion solennelle, qui donnent lieu à des photos de groupe, tandis que les photos de mariage se multiplient.

Sigrid Pavèse

Conférence

Le mariage dijonnais de Frédéric Mistral par Thérèse et Daniel DUBUISSON

Samedi 19 octobre de 14 h 30 à 16 h à la bibliothèque municipale de Fontaine-lès-Dijon.

Une fête provençale. M et Mme Mistral assistent aux farandoles, 1897, Agence Meurisse (BNF)

Quand et comment l’écrivain provençal Frédéric Mistral (1830 – 1914), de 27 ans son ainé, a-t-il rencontré Marie Rivière (1857-1943) cette jeune dijonnaise de 19 ans, fille d’un négociant en vin et petite fille de moutardier des allées du Parc, pour l’épouser à Dijon, le 27 septembre 1876 et l’emmener vivre à Maillane dans les Bouches-du-Rhône où il était né ? Telle est la question à laquelle Thérèse et Daniel Dubuisson tenteront d’essayer de répondre.

Visite guidée privilège

Édifices démolis à la Révolution par René Petit et Clément Lassus-Minvielle

Samedi 16 novembre à 16 h à la Galerie la Source de Fontaine-Lès-Dijon.

René Petit, Démolition d’un monument ducal à Dijon, Cliché Marie-Jo Leblanc.

L’artiste plasticien René Petit a le goût de la scénographie. Avec le talent qu’on lui connaît, il présentera de concert avec l’historien-archéologue Clément Lassus-Minvielle à la Galerie La Source l’exposition des dessins qui rendent hommage à Louis-Bénigne Baudot (1765-1844). Ce magistrat-collectionneur a essayé de garder les traces des monuments vandalisés ou qui risquaient de l’être pendant la période révolutionnaire et il a consigné ses notes dans de nombreux carnets indispensables pour imaginer le Dijon et le Beaune d’hier.

Retour en images sur l’été des AVF 2024

1er juillet 2024

Restitution par la classe de CM2 des Carrois du travail sur le patrimoine de la butte de Fontaine dans le cadre d’une Aire Territoriale Éducative.

Publications

Les représentations de saint Bernard dans l’art à Fontaine-lès-Dijon par Sigrid Pavèse en collaboration avec Élisabeth Réveillon. (Bulletin des AVF n° 171 Septembre 2024, ISSN 1164 – 3757):
Iconographie de saint Bernard à Fontaine-lès-Dijon (fichier pdf)

Il était une fois à Fontaine-lès-Dijon… la maison natale de saint Bernard par Sigrid Pavèse:


Fichier pdf: Il était une fois à Fontaine-lès-Dijon… la maison natale de saint Bernard par Sigrid Pavèse.
Lire en ligne: https://www.calameo.com/read/00502151451185ae83b82

http://www.fontainelesdijon.fr/fr/publications/

 

 

Les échalas mobiles à Fontaine-lès-Dijon au XIXe siècle

Échalas mobiles, Annuaire général du commerce des vins, cidres, vinaigres, spiritueux & liqueurs et des industries connexes, Paris, 1910.

Échalas mobiles, Annuaire général du commerce des vins, cidres, vinaigres, spiritueux & liqueurs et des industries connexes, Paris, 1910.

Échalas utilisés pour les vignes palissées, photographiés dans une cave rue Jehly-Bachellier en 2007 (cliché S. Pavèse)

Échalas utilisés pour les vignes palissées, photographiés dans une cave rue Jehly-Bachellier en 2007 (cliché S. Pavèse)

 

 

 

 

 

 

 

Avant la crise du phylloxéra, les paisseaux ou échalas à Fontaine, étaient mobiles. C’étaient des bâtons de 1,45 m à 1,60 m pour soutenir la vigne [1]. Ils étaient faits de toute essence de bois et leur grosseur était très variable. Leur durée dépendait de la nature du bois dont ils étaient tirés et de leur grosseur. Pour la vente, ils étaient partagés en deux qualités.  La première se composait de ceux en bois durs peu putrescibles : châtaigner, chêne, robinier (acacia). Dans les vignobles prestigieux de la « bonne » Côte, on utilisait des paisseaux de cœur de chêne, connus sous le nom de « paisseaux de quartier » car ils étaient fabriqués dans le quart d’une branche moyenne et au moins un an après que l’arbre a été abattu. Un paisseau de bonne qualité avait une circonférence de 6 à 9 cm mais, en raison de leur rareté et du coût de transport, ils étaient deux fois plus chers que les paisseaux employés dans le Dijonnais. Les paisseaux dont on se servait dans le Dijonnais, et à Fontaine en particulier, étaient de petites baguettes assez faibles, dont la qualité était très médiocre. Ils étaient usés après deux ou trois ans de plantation alors qu’un bon paisseau durait quatre fois plus longtemps. À Fontaine, en 1882, avant l’arrachage et la replantation des vignes pour cause de phylloxéra, on comptait 24 000 ceps à l’hectare sans culture intercalaire et 20 000 avec[2]. C’était autant d’échalas, ce qui représentait une dépense importante à l’achat. Seules les nouvelles vignes étaient entièrement à garnir de paisseaux neufs, sinon on utilisait les anciens mais ces derniers, comme on l’a vu, se détérioraient vite et il fallait les remplacer. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle qu’on sut augmenter la durée de conservation des paisseaux en les trempant pendant quinze jours dans une solution de sulfate de cuivre. Les paisseaux venaient de l’extérieur car Fontaine n’avait pas de bois. Ils étaient vendus par 500 javelles de 50 « pointes », soit 2 500 paisseaux[3]. Ils étaient livrés et déposés à la halle communale[4] située, avant sa démolition en 1879, à la place du parking de la place du Perron, puis ils étaient répartis entre les vignerons.

Sigrid Pavèse

[1] MORELOT (Denis), Statistique de la vigne dans le département de la Côte-d’Or, Paris, 1831, p.197.
[2] Archives municipales de Fontaine-lès-Dijon, F6.
[3] Ibidem
[4] Archives départementales de la Côte-d’Or, II 0 286/1, Réclamation contre la vente de la halle communale, 1815, 1816 et http://www.lesamisduvieuxfontaine.org/la-halle-du-perron/

Le jeu de la quille saoûle

Archives diocésaines de Dijon, 2 H 8, Grand séminaire : jeu de la quille saoûle.

Cette photo a été prise en novembre 1919[1]. Le mercredi, les séminaristes de la rue Paul-Cabet à Dijon avaient l’habitude de faire une promenade qui les conduisait souvent sur la butte de Fontaine, où ils pouvaient conjuguer dévotion et délassement. Dans le parc Saint-Bernard, où ils étaient accueillis par les Missionnaires de saint Bernard, un groupe joue à la quille saoûle. C’est un jeu amusant où un individu doit se tenir debout au centre d’un cercle de personnes assises et se laisser tomber en restant droit. Ceux qui sont assis doivent le repousser jusqu’à ce qu’il finisse par tomber sur celui qui n’a pas réussi à le rejeter et doit prendre sa place au centre. C’était une distraction où l’on riait beaucoup et qui était volontiers pratiquée par les jeunes recrues lors de leur service militaire. À l’arrière-plan, d’autres séminaristes se livrent à des activités plus intellectuelles.

Sigrid Pavèse avec l’aide de Bruno Lautrey.

[1] Archives du diocèse de Dijon, (ADD), 2 H 8, Historique de la maison de campagne du grand séminaire à Fontaine-lès-Dijon, cahier manuscrit avec photographies, 1920-1921.